Huile et acrylique sur toile
45x55cm, 80x60cm
2024, 2015
Les deux peintures n’ont pas été conçues ensemble. Réalisées à neuf ans d’intervalle, elles se sont constituées après coup en diptyque : Ithaque montre un pédalo dérisoire sur un lac entouré de montagnes ; Ulysse une figure masquée, mélancolique et presque clownesque, dans ce même type de décor. Les titres introduisent l’épopée homérique dans des motifs qui en semblent très éloignés. Le pédalo remplace le navire, le lac de loisirs devient la mer du retour et le héros prend l’allure d’un personnage fragile, travesti, incertain d’être reconnu. Le contraste est ironique mais pas seulement parodique. Il y a aussi quelque chose de mélancolique dans cette survie du grand récit au sein de formes banales, touristiques ou grotesques : l’odyssée persiste, mais à hauteur d’expérience ordinaire. Le récit est venu après les images ; il révèle plutôt qu’il ne programme leur relation.