Long live the new flesh

Huile sur toile

130x97cm

2024


Le tableau prend pour point de départ la confusion entre corps, matière et image qui traverse le film Videodrome de David Cronenberg, auquel le titre est emprunté. La figure n’y est pas traitée comme un corps intact placé devant un fond : ses limites se mêlent aux textures et aux éléments qui l’entourent. La peinture permet de rendre cette contamination très littérale, couche après couche. La « nouvelle chair » désigne alors moins un corps futuriste qu’un corps déjà travaillé par les images techniques, leur circulation et leur capacité à modifier ce que nous reconnaissons comme réel.


Revision 1 :

La peinture reprend une photographie construite sur les codes de l’image de paparazzi : une personne probablement riche ou célèbre, saisie au téléphone, lunettes Balenciaga, iPhone récent, manteau de fourrure. Tout indique un univers de luxe, de visibilité et de contrôle de l’apparence. Pourtant le visage contredit cette maîtrise. Les lèvres sont gonflées, la peau porte encore les traces d’une intervention esthétique, et des pansements et bandages entourent la tête jusqu’à former une sorte de masque.

Le titre, emprunté à Videodrome de David Cronenberg, déplace alors l’image vers une question très concrète : qu’est-ce qu’un corps lorsque sa propre apparence devient un matériau à modifier ? La « nouvelle chair » n’est plus ici la fusion fantastique de l’organique et de la technologie, mais un corps contemporain travaillé par la chirurgie, les marques, les appareils et les images qui prescrivent la manière dont il doit apparaître.

Le tableau montre un visage en cours de fabrication plutôt qu’une apparence achevée. Les bandages peuvent évoquer à la fois le soin, la blessure, le masque ou la transformation. Associés aux signes du luxe et à l’esthétique du paparazzi, ils produisent une figure dont le statut reste instable : exposée et protégée, séduisante et inquiétante, maîtrisée et vulnérable. Le titre, emprunté à Videodrome, n’impose pas une clé unique ; il ajoute une couche de fiction à une image déjà ambiguë et laisse au regardeur le soin de décider ce qu’est, ici, cette « nouvelle chair ».

© Guillaume Mazauric | 2026